

C'est le cas de Bronislava Wajs (1908/1987) poétesse rom qui fut bannie par les siens pour avoir "violé" le tabou de l'écriture -dit-on-: elle écrivit et publia, avec pendant un temps un grand succès mais mourut isolée et à présent est quasi inconnue. Une interrogation : quid de ce tabou de l'écrit pour un peuple apparemment (?) issu de castes qui au contraire l'érigeaient en valeur absolue? Pourquoi une tradition strictement orale ? Même les partitions musicales, les chants... -le cas de Django Reinhardt est une exception- doivent être écrits. L'exclusion de Bronislava cache-t-elle d'autres raisons peu avouables pour ceux qui l'exclurent? les roms ne sont pas exempts de machisme et une jeune et jolie femme qui s'installe en ville et devient célèbre n'a peut-être pas suscité que de l'admiration chez les patriarches. Cf le livre de Colum Mc Cann, "Zoli" donc voici un extrait.

"Bronislava Wajs dite Papusza -poupée-, polonaise, a vécu dans une cabane abandonnée en Silésie où elle est morte en 1986. Symbole de sa communauté, sa vie commence par un drame. Sa famille, despotique comprenait six filles dont la vie était rude, obéissance, travail et mariages de convenances. En 43, c'est la guerre : la garde Hlinka entraîne les Roms du village sur la glace et garde le lac en armes pour les forcer à y demeurer.. Puis ils allument des feux sur les berges qui cèdent petit à petit. Désespérément, au fur et à mesure, ils se réfugient de plus en plus loin vers le centre mais celui-ci se fissure à son tour et tous s'enfoncent inexorablement et se noient -sauf Papusza et son grand père, lecteur de Marx en cachette, absents ce jour-à.- Celui-ci la prendra en charge, l'enverra à l'école malgré la tradition et elle deviendra chanteuse compositrice, un statut privilégié parmi les Roms... mais paradoxalement relativement mal considéré en même temps*.
Quand la guerre se termine, elle rencontre Stephan Swann, écrivain à demi slovaque exilé et le poète communiste Martin Stránský qui la publie ''afin d'instruire les ouvriers''.... ''Imaginez si nous pouvions nous élever'' est le titre de l'un de ses recueils... Papusza, c'est la voix de la poussière qui séduit immédiatement. Swann, jaloux, la quitte, il la voit comme un animal de compagnie exotique et son talent exceptionnel lui fait de l'ombre. Elle vole de ses propres ailes à présent et très vite, est célébrée dans toute la République slovaque, ses poèmes, récités à la radio en boucle. Les Roms sont surpris de la ferveur des gadjés et au début, fiers; elle les porte, montre qu'ils peuvent réussir dans le monde hostile qui est leur depuis toujours, par leur talent. Grâce et à travers elle, ils existent un peu. Une icône.
Quand la guerre se termine, elle rencontre Stephan Swann, écrivain à demi slovaque exilé et le poète communiste Martin Stránský qui la publie ''afin d'instruire les ouvriers''.... ''Imaginez si nous pouvions nous élever'' est le titre de l'un de ses recueils... Papusza, c'est la voix de la poussière qui séduit immédiatement. Swann, jaloux, la quitte, il la voit comme un animal de compagnie exotique et son talent exceptionnel lui fait de l'ombre. Elle vole de ses propres ailes à présent et très vite, est célébrée dans toute la République slovaque, ses poèmes, récités à la radio en boucle. Les Roms sont surpris de la ferveur des gadjés et au début, fiers; elle les porte, montre qu'ils peuvent réussir dans le monde hostile qui est leur depuis toujours, par leur talent. Grâce et à travers elle, ils existent un peu. Une icône.

*Tel celui des comédiens [même chez les non roms], excommuniés quelle que soit leur célébrité, par exemple Adrienne Lecouvreur, morte à 28 ans en pleine gloire et jetée furtivement de nuit avec de la chaux vive (!) dans un lieu inconnu -un chantier?- des bords de Seine.
La famille Sarkozy à présent, un archétype (lien.)
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